Handicap : quand la mode s’adapte

Handicap : quand la mode s’adapte

La mode, vaste sujet qui touche de nombreux domaines et le handicap n’y échappe pas. Mais au delà des considérations esthétiques, c’est une question pratique que nous allons surtout aborder dans cet article. Car la mode s’adapte et, grâce à certaines initiatives, elle peut offrir davantage d’autonomie.

Quand les grandes marques passent le cap

Depuis quelques années, la mode semble s’ouvrir à de nouveaux modèles de beauté. Une nouvelle mode a vu le jour. Dite “adaptive wear” (ou mode “adaptable”), elle a été mise en avant notamment par Tommy Hilfiger qui a proposé une déclinaison de ses pièces phare à travers une ligne, Tommy Adaptive.

© Tommy Hilfiger

Des bandes velcros en guise de boutons ou de noeuds, des aimants, des élastiques… Tout a été pensé pour faciliter le mouvement et s’adapter au type de handicap.

Une initiative remarquable lancée en 2016 avec une collection d’abord dédiée aux enfants puis élargie aux adultes suite à son succès. Renouvelée en 2018, l’offre de prêt-à-porter s’agrandit pour répondre à tous les goûts et suivre les tendances.

Sur les podiums, les exemples ne manquent pas non plus : Alexander McQueen a fait défiler Aimee Mullins, actrice et athlète amputée des deux jambes, Benetton a choisi d’afficher un mannequin trisomique, Jillian Mercado, atteinte de dystrophie musculaire, est devenue l’égérie de Diesel. Enfin, Carrie Hammer a également fait défiler Danielle Sheypuk, une psychologue en fauteuil roulant.


Des initiatives individuelles

Certaines actions viennent tout simplement de parents confrontés au problème. A Lille, une mère d’enfant handicapé a imaginé un jean à scratchs et l’a commercialisé à travers sa marque, Andy et Emma. Un concept directement inspiré… des strip teaseurs !

© Andy et Emma

Cette maman modéliste dans le textile a eu l’idée suite à la maladie de son fils, qui le forçait à porter une orthèse de stabilisation de hanche, l’immobilisant et le contraignant à masquer ses jambes avec un simple plaid. Quelques pantalons dénichés dans le commerce, des bandes de velcro et le tour est joué. “Les infirmières m’ont dit que l’idée était géniale”, annonce Christelle Gery. Forte de ces encouragements, elle se lance dans la création de son entreprise. La collection compte désormais plusieurs basiques dont des sweats et des cabans, de quoi joindre l’utile à l’esthétique.

En pleine Fashion Week, il est important de valoriser une mode qui a du sens, loin du strass, des paillettes et d’une image discriminante souvent véhiculée. Car chaque être humain peut être représenté dans toute sa diversité et doit pouvoir se vêtir comme bon lui semble.

Fashion, oui, mais pas victimes !

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