2019, année de l’inclusion ?

2019, année de l’inclusion ?

 

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L’inclusion, de quoi s’agit-il ? Ce terme employé partout fait réagir. En opposition à “exclusion”, il désigne l’action d’inclure. De la mode au cinéma jusqu’aux égéries de grandes marques, les actions ne manquent pas et le handicap est de plus en plus visible dans le paysage médiatique. Véritable désir d’ouverture ou acte de bonne conscience ? La frontière peut être fine mais une chose est sûre, les mentalités évoluent. Retour sur quelques événements marquants.

Un danseur trisomique fait sensation dans la version britannique dans l’émission “Incroyable talent”, sa vidéo étant relayée des milliers de fois sur les réseaux sociaux.
Quand le journal L’express consacre un reportage vidéo au Café Joyeux – établissement employant des personnes autistes et trisomiques – les compteurs explosent sur Facebook : 5 millions de vues, plus de 100 000 partages et une myriade de commentaires élogieux. Le phénomène n’est donc pas anecdotique.

Kate Brant, première mannequin trisomique à remporter un concours de beauté, est désormais égérie de la marque de cosmétiques Benefit. A tout juste 20 ans, elle bouscule déjà les standards de la mode. Les démarches visant à intégrer les personnes handicapées n’ont jamais été aussi nombreuses et touchent désormais tous les domaines.

© Instagram Kate Brant

Autre exemple du côté de Nantes, un festival dédié aux cultures urbaines, “Hip OPsession”, s’est donné pour objectif d’être 100 % accessible et ouvert à tous types de handicaps. Cet événement mêlant concerts, workshops et expositions s’adapte à son public et propose des battles de danse interprétées en langue des signes, des concerts en audio-description ou encore du mobilier vibrant pour ressentir les vibrations de la musique.

© Adeline Moreau – Culturebox

Des initiatives mobilisant tous les sens et utilisant des technologies toujours plus pointues afin de rendre la culture en libre accès.

Côté cinéma, le remake d’Intouchables a connu un succès indéniable outre-Atlantique et s’est placé en tête du box-office dès sa sortie, devant Aquaman, Spiderman et autres blockbusters. Mais face à ce succès commercial, les critiques ne tardent pas à pointer du doigt quelques problèmes de cohérence : des facilités scénaristiques et surtout, le fait de confier le rôle à un acteur valide. « En tant qu’acteur handicapé, permettez-moi de souligner le fait que ces rôles sont les seuls pour lesquels les acteurs à mobilité réduite pourraient être pris en considération… et pourtant, ils ne le sont pas », a réagi l’acteur Ally Craig sur Twitter.

The Upside – Intouchables version US

Enfin, on peut citer l’exemple de la marque Apple qui a décidé d’intégrer des emojis – petites icônes servant à illustrer les messages – liés au handicap dans ses téléphones : canne, prothèses, fauteuils roulants, oreilles appareillées… Seul le handicap mental reste grand absent, car difficile à illustrer de par son caractère quasi exclusivement invisible.

Nouveaux emojis Apple

Quelle que soit la démarche, sincère ou commerciale, elle a le mérite de mettre en lumière une catégorie de population trop souvent oubliée. Toutes proportions gardées, la part de personnes en situation de handicap dans le paysage audiovisuel français n’est que de 0,6 %, il reste donc du chemin à parcourir. Reste à espérer que cet élan d’ouverture ne soit pas un simple phénomène de mode et que les actions se multiplient à l’avenir jusqu’à en devenir, espérons-le, une norme.

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