Cinq danseurs en situation de handicap inspirants

Cinq danseurs en situation de handicap inspirants

Depuis fin septembre, l’émission Danse avec les Stars réjouit à nouveau les amateurs de danse. A plusieurs reprises, l’émission a mis en lumière des personnes en situation de handicap prouvant que la différence n’est en aucun cas un frein à la pratique de la danse. Cette année, c’est l’ancien nageur paralympique Sami El Gueddari qui fait forte impression, mais de nombreux autres danseurs.ses en situation de handicap ont réussi à se faire une place dans le monde de la danse. Voici notre top 5 des danseurs.ses handicapé.es inspirant.e.s.  

1 – Viktoria Modesta, la performeuse amputée du Crazy Horse 

Viktoria Modesta a été la révélation du spectacle Bionic ShowGirl du Crazy Horse en juin dernier. Son histoire ressemble à un conte de fées : née en Lettonie avant la chute de l’URSS, une négligence médicale à sa naissance lui vaut de passer une enfance dans les hôpitaux en raison d’une jambe défaillante. A l’adolescence, elle déménage à Londres et s’impose rapidement dans l’univers du mannequinat.

L’état de sa jambe allant de mal en pis, elle décide finalement à l’âge de 20 ans de se faire amputer. Cette décision difficile s’avère plus que bénéfique, lui permettant de se libérer, d’affirmer sa créativité et de pratiquer la danse.

Depuis, les succès s’enchaînent : présente à la cérémonie de clôture des Jeux paralympiques de Londres, à la Fashion Week, elle multiplie les apparitions dans lesquelles elle fait de sa différence une force. Son corps amputé devient œuvre d’art, grâce à une vision innovante de la danse et l’utilisation de prothèses aux pointes de la technologie ou haute-coutures.

En juin 2019, elle ensorcèle la scène du célèbre cabaret de l’Avenue George V en incarnant « bionic girl ». Ses performances artistiques aux allures futuristes  qui intègrent complètement le handicap montrent combien la différence est source de création.

2 – Dergin Tokmak, le danseur de breakdance sur béquilles

A l’âge d’un an, les médecins diagnostiquent au petit Dergin, né en 1973 en Allemagne, une poliomyélite. Cette pathologie est une maladie infectieuse qui peut entraîner une paralysie qui touche le plus souvent les membres inférieurs. Dergin Tokmak a donc perdu dans sa plus tendre enfance le contrôle de sa jambe gauche. Aucun traitement ne permettant un rétablissement du contrôle des jambes, l’enfant apprend à marcher sur les mains.

Influencé par le hip-hop et le film Breakin, il décide à l’âge de douze ans de pratiquer le breakdance et le hip-hop à sa façon : avec des béquilles. Ces dernières deviennent bientôt sa marque de signature et ses performances lui permettent de gagner plusieurs prix dans des compétitions de danse. En parallèle, il monte son propre groupe de breakdance : Da F.U.N.K qui se produit en tournées dans plusieurs villes allemandes ou dans des émissions de télévisions allemandes et suisses.

Il se fait alors repérer par le Cirque du Soleil, qui lui offre de jouer le rôle d’un « ange boiteux ». De 2004 à 2011, il sera le seul artiste allemand et le seul atteint d’un handicap au Cirque du Soleil dans le cadre de leur tournée mondiale.

Depuis, le danseur, aussi connu sous le pseudonyme de Stix, se produit sur des scènes du monde entier. Il a notamment été un des visages de la campagne Start your impossible de Toyota en février 2018 réalisée en vue des Jeux Olympiques d’Hiver. 

3 – Brahem Aiache : le sport comme leitmotiv, avec ou sans handicap 

Né en 1989 en Algérie, Brahem Aiache se destinait à une carrière de footballeur professionnel. La vie en a décidé autrement : victime d’une déchirure du tibia au cours d’un match puis d’une erreur médicale, il est contraint de se faire amputer d’une jambe. Mais son amour du sport lui permet de dépasser cette épreuve : il s’initie à la natation et atteint rapidement un niveau professionnel.

En parallèle, il se met à la danse hip-hop et se fait connaître à l’occasion de battles. Sa rencontre avec le chorégraphe Kamel Ouali offre un tournant décisif à sa carrière, lui permettant de danser au festival panafricain d’Alger aux côtés d’Isabelle Adjani dans un tableau ayant pour thème la colonisation.

Sa prestation lui permet d’intégrer la compagnie Montalvo-Hervieu pour le spectacle Orphée au théâtre national de Chaillot, puis d’obtenir un rôle dans Dracula, l’amour plus fort que la mort de Kamel Ouali en tournée dans toute la France, en Suisse et en Belgique entre 2011 et 2012.

Mais le danseur se fait véritablement connaître du grand public grâce à sa participation à l’émission La France a un incroyable talent et son équivalent arabe : Arabs got talent. Ses performances lui permettent dans les deux cas de terminer en demi-finale.

Il poursuit depuis sa carrière de danseur multipliant les collaborations avec des chorégraphes de renoms, comme Dove Attia, qu’il a retrouvé à l’occasion de sa comédie musicale La légende du roi Arthur.

Brahem Aiache est la preuve vivante que la passion et la discipline sont les clefs pour atteindre les sommets, quel que soit le sport et malgré le handicap. 

4 – Nathan Waye, le danseur montpelliérain qui joue avec son fauteuil

Agé d’à peine 20 ans, Nathan Waye a également été découvert par le grand public grâce à une émission de télé. Il a en effet participé à la France a un incroyable talent en 2018.

Le jeune homme, atteint d’une pathologie aux jambes, danse depuis l’âge de sept ans. Son art de prédilection ? Le breakdance, une danse hip-hop faisant beaucoup appel aux bras, lui permettant de créer des chorégraphies incroyables utilisant son fauteuil comme un instrument à part entière.

Arrivé en demi-finale de l’émission, il réalise un rêve : celui de prouver à la France entière que l’on peut danser, malgré sa différence.

Ce danseur prometteur continue depuis à pratiquer sa passion au sein de la compagnie Mozaïk, qui, à l’image de Regards en Lignes, est une compagnie de danse inclusive qui mêle danseurs valides et en situation de handicap. 

5 – Alice Sheppard : « je danse car je le peux »

L’anglaise Alice Sheppard est devenue danseuse tardivement suite à une reconversion arrivée un peu par hasard. Docteure en études médiévales, elle commence sa carrière comme professeure de littérature anglaise et comparée à l’Université de Pennsylvanie.

Sa vie change en 2004 lorsqu’elle rencontre Homer Avila, un danseur handicapé à l’occasion d’une conférence sur le handicap. Ce dernier la met au défi de suivre un cours de danse. Elle se découvre alors une passion pour la danse et décide de s’y consacrer pleinement, abandonnant sa carrière dans l’enseignement. Elle intègre alors la compagnie de danse inclusive Axis avec laquelle elle participe à plusieurs tournées et s’investit dans les programmes d’éducation et de sensibilisation.

En 2012, elle prend son indépendance et effectue des performances artistiques avec différentes compagnies au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Sa notoriété lui a permis de faire la couverture de Dance Magazine en juillet 2018, d’écrire pour le New-York Times en février un article destiné à présenter l’esthétique de la danse avec un handicap « I dance because I can ».

Partout dans le monde, des danseurs en situation de handicap font bouger les lignes et rendent visible le handicap sur scène. La compagnie de danse Regards en Lignes et ses artistes poursuivent le même objectif : rendre l’accès à la danse possible pour tous, avec ou sans handicap et changer le regard de la société sur la différence.

Crédit image : Unsplash.

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